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Tatin,
peintre naïf ?
“ (…) Difficile de le ranger dans un style ou un genre. Trop
facile aussi de lui mettre l’étiquette de naïf. C’est
qu’il n’y a pas de “ genre naïf ”, il y a
simplement des “ naïfs ”. Mais jusqu’à quel
point ? Et que veut-on dire par naïf ? Autodidacte ? Peintre du dimanche
? Artiste populaire ? Primitif perdu dans un monde sophistiqué
? Sentimental, ou ingénu ? Et qu’a-t-on dit de définitif
sur le Douanier Rousseau (né à Laval lui aussi) ? Modeste,
tendre, rêveur, ingénu, réaliste, poète…
et (peut-être mais ce n’est pas bien sûr) naïf.
L’essentiel dans tout cela : un artiste véritable. Car si
la naïveté a pu faire naître des œuvres d’art,
elle n’est pas l’art. ”
Henri
Crocq
Extrait de l’article “ Un regard neuf ”, La Dépêche
de Tahiti, 25 mai 1982.
Village à Bali
“ Village à Bali ”, des oies blanches s’avancent
en file indienne, un coq déploie sa queue en arc-en-ciel, le grand
toit de pandanus est posé comme un chapeau à droite duquel
émerge un volcan. Les arbres sont disposés avec ordre :
manguiers au centre, bananiers en bas, bambous à droite, cocotiers
au-dessus. Huit personnages au premier plan sont occupés à
des travaux simples, les trois femmes debout ont une pose hiératique,
auprès d’elles les enfants sont minuscules. Au second plan
la vie se déroule dans sa diversité.
Cette simplicité n’empêche ni la justesse des distances
ni l’harmonie de la composition. Aucune violence dans le trait ou
la couleur ne vient troubler la paix du tableau. C’est la vie quotidienne
et ancestrale, figée par un dessin, par une lumière qui
arrêtent le temps. Un morceau d’univers authentique qu’aucune
règle d’art ne peut permettre de juger et qu’aucun
autre peintre ne saurait imiter.
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Henri Crocq
La Dépêche de Tahiti, article déjà
cité. |
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