Henri Matisse, Écrits et propos sur l’art, 1931.

Toute sa vie, Robert Tatin cherchera à « fertiliser » les couleurs de la Polynésie au travers de croquis (du fusain au pastel et même au stylo Bic) et de tableaux (gouaches et huiles) – scènes peintes de mémoire ou visions idéalisées. Les foules polynésiennes ont donc toutes été réalisées plusieurs années après son premier séjour à Tahiti (1950-1957).

Fête tahitienne
14 juillet à Papeete
Fête tahitienne, Port-Vila, 1971.
Gouache, 56 x 77 cm. MTI.
14 juillet à Papeete, Tahiti. Non daté.
Gouache, 50 x 65 cm.

Il reprendra plusieurs fois les mêmes scènes comme le « Bal du 14 juillet », dont on connaît au moins trois versions. En revanche, scènes de rue, marchés et vie foisonnante au bord de l’eau aux Nouvelles-Hébrides (Vanuatu) ou en Indonésie ont pour la plupart été peintes sur les lieux mêmes où Tatin les a observées et vécues, tout au long de dans son itinérance dans le Pacifique.

Départ d’un bateau à Papeete en 1950 Départ d’un bateau à Papeete en 1950. Non daté. Huile, 60 x 136 cm.
 
Départ d’Éric de Bishop Départ d’Éric de Bishop, Nouméa. Non daté. Huile, 42 x 59 cm. MTI.
Ce n’est sans doute pas un hasard si le thème du départ sera souvent repris après qu’il eût quitté Tahiti pour Nouméa, à son immense regret.

Le départ des Vietnamiens
Ci-dessus un tout autre style de départ, qui se réfère à un épisode de la vie coloniale. Tatin avait été bouleversé par cet embarquement forcé, à Nouméa (le 30 décembre 1960) de la main-d’œuvre vietnamienne qu’on renvoya brusquement à leur pays lorsque s’étendit la guerre de la France au Vietnam. (Cette scène a été peinte trois ans plus tard à Port-Vila, aux Nouvelles-Hébrides (Vanuatu) où le peintre s'était installé.)
Le départ des Vietnamiens, Port-Vila, 1963. Huile, 69 x 99 cm. MTI.

Nuit sous le réverbère
Tatin n’a pas été tendre avec la société blanche calédonienne. Ses seuls amis français ou étrangers ont été des artistes comme lui, ou des amis de la peinture. Son regard sans préjugés s’est porté en revanche avec tendresse sur la vie des « natifs », comme dans cette scène nocturne à Nouméa.
Nuit sous le réverbère. Nouméa. Non daté. Huile, 41 x 65 cm. MTI.

 

Carnets hébridais
Robert Tatin parmi ses amis hébridais
Santo, Anatom, Tanna… Esquisses peintes sur le vif
au fil des découvertes des îles de l’archipel
des Nouvelles-Hébrides (Vanuatu). Carnets hébridais.
Vers 1965. Robert Tatin parmi ses amis hébridais,
qu’il aima fraternellement.


 

Arrivée des pirogues à Eluk
Lagon d’Erakor, Port-Vila. Vie bruissante sur l’eau et au bord de l’eau. Activités et pirogues ont aujourd’hui disparu, tout comme la cabane de Tatin que l’on aperçoit au fond à droite.
Arrivée des pirogues à Eluk (Port-Vila), Eluk, 1974.
Huile, 94 x 122 cm. Gouvernement de Vanuatu.

Place du marché
Marché au bord de mer
Vietnamiens au marché
Marché de Port-Vila
Place du marché, Port-Vila, 1970. Huile, 50 x 64 cm.
Marché au bord de mer, Mallicolo, 1977. Huile, 77 x 110 cm. MTI
Vietnamiens au marché, Port-Vila, 1963. Huile, 61 x 88 cm. MTI
Marché de Port-Vila, Port-Vila.
Gouache, 50 x 65 cm. MTI.


Deux visages de Balinaises
Deux visages de Balinaises. Scènes familières de Bali sur fond d’océan.
Crayon de couleur sur papier millimétré, Carnets indonésiens, 1976.


 

Extrait des Carnets indonésiens (1976) :
« (À Bali) Le pays est très peuplé, certainement plusieurs millions. Denpasar la capitale est très animée – et l’Asie avec ses marchés, ses commerces et tous les métiers divers, a vraiment un cachet très particulier. En aucun cas je regretterai d’avoir vu ça. »


Foule à Denpasar
Marché à Denpasar
Foule à Denpasar, Bali,
Carnets indonésiens, 1976.
Marché à Denpasar, Bali. Non daté.
Crayon de couleur, 50 x 65 cm. MTI.

Balinaise au marché
Marché de Denpasar

 


 

 
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