Tatin a peint la vie des
choses les plus banales et des êtres les plus humbles
cherchant simplement à fixer la
beauté ou l’horreur
de ce qui est, de ce qui passe. De jour
comme de nuit il a pu peindre tout et rien, mais ce n’était
jamais « rien » : ce qu’il allait avoir dans son assiette
par exemple, un poisson merveilleusement croqué au point de bientôt
ne plus être mangeable allait devenir ensuite un autre sujet –
après décomposition : des arêtes sur un plat ou
dans une poubelle.
En amont du sujet « poisson », nature morte, il y avait
la tâche primordiale de le pêcher ! La pêche lui rappelle
le côté le plus serein de son enfance à Laval.
Il l’a toujours figurée comme
un symbole de l’état le plus accessible du bien-être,
sinon du bonheur.
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Premier dessin connu de Robert Tatin, à
l’âge de 8 ans. Cette scène de l’enfant
pêcheur sera récurrente dans son œuvre, exprimant
l’idéal d’un bonheur innocent, à jamais
perdu.
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Une des premières esquisses de Robert Tatin dans son
carnet, à Tahiti
(vers 1950).
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| Couple de pêcheurs et
pirogue, Tautira, 1957. Gouache, 50 x 65 cm. |
Les sujets de la vie au bord de l’eau et des
poissons seront presque aussi nombreux dans son œuvre que les
foules, les marchés.
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Popinées à la pêche,
Nouméa. Non daté.
Huile, 41 x 65 cm. |
Vahiné
pêchant devant la plage, 1959.
Huile sur toile, 45 x 64 cm. |
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Trois poissons blancs.
Non daté.
Huile, 37 x 69 cm. |
Deux poissons
dans un plat, 1961.
Huile sur carton, 35 x 50 cm. |
Après 5 années passées à Nouméa,
Tatin s’installe fin 1962 à Port-Vila, île
d’Efate. Il peindra les allées et venues des pirogues,
la vie mélanésienne aux Nouvelles-Hébrides (Vanuatu),
toutes les couleurs et perspectives des nombreuses scènes au
bord du lagon où il vit dans une case en tôle, parmi
les Mélanésiens.
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Lagon d’Erakor,
Port-Vila, 1973.
Huile, 83 x 120 cm. |
Deux poissons
sur fond vert,
Eluk, 1966.
Gouache, 42 x 58 cm. |
Départ
d’Ifira pour le marché,
Port-Vila. Non daté.
Gouache, 55 x 73 cm. |
Jeu de poissons,
Anatom.
Non daté. Crayon et aquarelle, 21 x 27 cm. |
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Loche rouge, Eluk, 1967.
Gouache, 50 x 65 cm. |
Dessus de poubelle, Port-Vila, 1974.
Gouache et pastel, 50 x 65 cm. MTI. |
Eluk
signifie « le havre aux pirogues ». Robert Tatin s’y
installa dans une baraque en tôle, construite par un vieux
capitaine cap-hornier, éclairée par une lampe à
pétrole. Le peintre
la représentera souvent, au mileu de toute l’animation
qui régnait alors dans la baie.
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Le
rivage d’Eluk dans le lagon d’Erakor,
à trois kilomètres de Port-Vila (vers 1965). |
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Cet homme qui a vécu toute
sa vie en Océanie non
loin d’un rivage ne savait pas nager ! Dans une lettre a
un ami :
« J’ai acheté une pirogue tahitienne –
très jolie – mais ne sachant pas nager comme tu sais,
je ne veux pas être téméraire au point d’aller
seul dans le lagon pour pêcher. » |
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La pirogue
rouge, Eluk, 1969. Gouache, 50 x 65 cm. |
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Carte postale éditée par le service des Postes
et Télécommunications du condominium franco-anglais
des Nouvelles-Hébrides (Vanuatu). |
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Le timbre de Noël 1973. Nouvelles-Hébrides (Vanuatu). |
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Le Ménam,
Bangkok, 1976. Fusain, 50 x 65 cm. |
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Mais à jamais Tahiti
aura représenté l’idéal
d’une vie. Nul ne saurait dire cependant si pour Robert
Tatin le tableau Tahiti,
jours heureux traduit véritablement, dans sa facture
volontairement naïve, la vision d’une vie de rêve
ou d’une vie… rêvée. Le fait est :
l’enfant pêcheur,
sur la droite du tableau, est bien
présent. La splendeur bleue du lagon polynésien
encadre Elisa la muse, la seule femme aimée. |
Tahiti,
jours heureux, Port-Vila, 1975. Huile, 112 x 122 cm. MTI |
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